Le Château du Haut-Kœnigsbourg se dresse à environ 755 mètres sur un éperon rocheux des Vosges au-dessus du village d'Orschwiller, dominant toute la plaine d'Alsace. Mentionné pour la première fois en 1147, c'était un bastion médiéval stratégique disputé pendant des siècles, assiégé, endommagé et reconstruit à maintes reprises. Il fut finalement dévasté et incendié après un siège suédois en 1633 pendant la guerre de Trente Ans, et pendant près de trois cents ans, il resta une ruine envahie par la végétation à l'horizon.
Sa seconde vie commença en 1899, lorsque la ville de Sélestat offrit la ruine à l'empereur allemand Guillaume II — l'Alsace faisait alors partie de l'Empire allemand. Il chargea l'architecte et spécialiste des châteaux Bodo Ebhardt de la reconstruire, et entre 1900 et 1908, la forteresse fut relevée pierre par pierre comme une vision idéalisée d'un château alsacien de la fin du Moyen Âge : le grand bastion rond, le donjon, le pont-levis, les salles meublées et les hauts remparts que vous parcourez aujourd'hui. Il fut inauguré en 1908, et c'est cette reconstruction — à parts égales tissu médiéval authentique et imagination de la Belle Époque — qui donne au Haut-Kœnigsbourg son caractère singulier.
Aujourd'hui, le château attire plus d'un demi-million de visiteurs par an et est l'un des monuments les plus célèbres d'Alsace. Il a également sa place dans l'histoire du cinéma : Jean Renoir y a tourné des scènes de son chef-d'œuvre pacifiste de 1937, La Grande Illusion. Depuis les remparts sommitaux, la vue embrasse les vignobles et les villages de la route des vins d'Alsace, la vallée du Rhin et, par temps clair, la Forêt-Noire au loin. Le billet standard est à date ouverte : vous choisissez votre jour, arrivez pendant les heures d'ouverture et entrez directement.